Croyances

Croyances

 

Je pense qu’en fait, chacune chacun se trouve sa propre science. Sa propre religion qu’il qu’elle se fabrique, et qui est plus vraie qu’aucune autre science, soit-elle de Newton d’Einstein ou du prof de maths encore un peu ignorant. Et cette « science » résonne dans son cœur.

 

« Quand mon mari s’éteindra comme le téléviseur cathodique qui ne marche plus

Il s’en ira loin

On mettra son corps en bière

Il sera mort.

Mais mort,

Il sera toujours là.

Dans la cuisine, il sera le feu de la gazinière qui réchauffe mes lentilles en boîte

Et je l’apercevrai aussi assis sur les marches de l’escalier d’en face

Amarré au quai il me découvrira passer lentement en observant les arbres

Et il tombera amoureux de moi pour une seconde fois

Sans même savoir que ça lui est déjà arrivé auparavant.

 

Mon mari est toujours là

Il est mort, mais je le vois chaque jour

Il me suit, vaillamment

Il m’aime

Je l’aime aussi. »

 

« Je suis née grosse.

Mon corps ne pesait que 3,5kg

Mais il était prédestiné à en peser au moins 100

Enfin presque.

J’aime manger et ne m’en prive pas

Même si l’on dit que je ressemble à une baleine.

Parce que je suis une baleine,

Je n’ai pas encore trouvé mon cachalot

Il n’y a que de vieux matelots

Ivrognes

Qui s’approchent de moi.

Mais je m’accorde le droit et la fierté de les repousser.

En fait, la fierté je l’ai

Je l’ai bien plus qu’une pouffiasse

C’est juste dommage ce que l’on accorde au physique

Car c’est moi la plus vivante

J’aime tout

J’aime manger de bonnes choses sucrées comme des fraisiers ou des tartes à l’abricot

Et j’aime aussi jardiner et me faire pousser des légumes

Et j’aime aller à la plage et nager

J’aime reluquer les beaux mecs

Et j’aime me défoncer

Et j’aime lire

J’aime les enfants qui rient et qui courent

J’aime la vie

C’est tout

Je suis comme ça.

 

C’est la nature qui l’a voulue

Ma nature

Car je suis un univers à part entière

Tout comme chaque être. »

 

« La graine sort doucement de sa coquille.

Elle a du mal, il faut pousser.

Alors elle sue elle transpire comme un chien

Du coup il lui faut de l’eau.

Après il lui faut la terre pour s’accrocher et grimper

Il lui en faut de la bonne.

Moi souvent je mets ma main sur le sol

Et je l’entends croustiller.

Elle pousse un peu la terre pour se faire un chemin.

Et ma main un peu rustre et craquelée

Est présente pour l’accueillir.

Alors d’ordinaire, c’est vrai, je suis pas très délicat

Mais par contre, là

Je suis tout doux.

Je suis un très bon sage-femme pour les plantes.

 

Elle me l’a dit. »

 

« Il faut faire de l’argent.

Il faut que l’argent rentre par ici

Puis il va tourner là

Il va rouler

Il va grelotter dans mes poches

Il va grimper

Puis fructifier

Puis dégringoler

Puis s’en aller

Il va revenir

Il va m’obséder

Je vais le gaspiller

Nous avons une relation très étrange, nous deux.

Toujours est-il qu’il faut faire de l’argent.

Sinon je serai pauvre,

Comme avant.

Et ça, il n’en est pas question !

Car j’ai déjà suffisamment souffert.

Je suis toujours quelqu’un de bien

Je suis honnête et droit

En dehors de l’argent

J’aide mon voisin et j’aide les copains et la famille j’en prends soin.

 

Je dois faire de l’argent.

C’est mon rôle.

Je dois faire de l’argent

Sinon tout va s’effondrer. »

 

« J’aime prendre mon temps

Ecouter les oiseaux

Ecouter la trompette de Miles Davis

Regarder les jeunes couples.

Je suis né il y a deux ans

Quand je suis tombé malade et que j’ai perdu mon job.

Alors j’ai décidé de vivre

Et de courir les routes.

Depuis je marche

Et je demande aux inconnus de m’emmener quelque part.

Parfois les gens m’invitent chez eux.

Parfois je les aime bien

Parfois non

Parfois ils sont cons

Mais parfois aussi ils sont bons.

 

J’ai tout perdu et je suis plus vivant que jamais.

Je suis heureux

Il y a aussi des jours où je suis triste

Je ressens aussi la peur.

Ce soir je mange une boîte de sardines et du pain sur un pont en pierre qui enjambe un charmant petit canal rempli d’eau de mer et de paix. »

 

« Moi je ne serai jamais seule, ni pauvre.

Parce que j’ai connu l’amour.

Alors il est toujours là, derrière moi

Et j’ai plein de copains.

Moi je suis inscrite dans des groupes

Des supers groupes de copains.

J’ai connu l’amour et je ne serai jamais

Jamais pauvre.

Ça m’aide à être belle et en bonne santé

Et j’ai une raison de me lever le matin

Il est toujours là pour me soutenir.

Et moi je veux le nourrir.

Je mets chaque soir un peu d’encens et de la nourriture devant sa chambre,

Où une photo de lui, un vieux pullover troué, et sa musique préférée

M’accompagnent dans ma vie.

 

Je ne serai jamais seule, ni pauvre.

J’ai une raison d’avoir vécu,

Et de vivre.

Je l’ai connu. »

 

Je pense que chacune chacun se trouve sa propre science. Et la vit.

Il y en a encore beaucoup d’autres, des sciences cachées aux quatre coins du globe.

Il faut ouvrir les yeux pour bien les voir.

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